Les véhicules autonomes, une réalité proche ?

17/11/2020 0 Commentaires

Depuis quelques années déjà, les opérateurs de transports publics se sont résolument lancés dans l'aventure des navettes autonomes, considérées comme un maillon prometteur dans la chaîne des déplacements de porte à porte. De nombreuses villes telles Paris, Lyon, Toulouse ou encore Nantes, voient leurs rues se parer de minibus électriques pour effectuer de courts trajets. Mais est-ce une réalité proche si l'on considère le transport de tout un chacun, du particulier au conducteur de poids lourd ? Voici quelques pistes de réflexion.


Les opérateurs de véhicules autonomes apportent une réponse à l'épineuse question du "premier kilomètre" pour acheminer le voyageur entre le point de départ et la station de métro ou l'arrêt du tramway (on parle aussi du "dernier kilomètre" à l'arrivée). Idéales aussi dans les zones préiurbaines souvent mal desservies, ces navettes permettraient de parer aux « trous de mobilité » des zones rurales, et automatiser un transport à la demande couteux.
Enfin, à l’instar des navette électriques présentes dans les centres villes, les navettes autonomes seraient une réponse adaptée aux campus universitaires, aéroports ou installations industrielles de grande envergure.
Pour autant, alors que les navettes électriques sont monnaie courante dans les villes, celles dites autonomes ne sont encore qu’au stade expérimental. En effet, un conducteur « de sécurité est toujours présent afin de reprendre la main en cas de souci. ».
 
Trajets professionnels vs trajets individuels

« Le véhicule autonome est plus pertinent pour le bus que pour la voiture », réagit Frédéric Baverez, directeur exécutif France du groupe Keolis, l’exploitant des transports urbains de Rennes Métropole. « Le bus, j’en suis convaincu, sera 100% autonomisé : ses itinéraires sont contraints, faciles à cartographier, et tous les bus sont déjà suivis dans des centres de commande centralisés, on sait déjà commander et intervenir à distance », poursuit-il.

Chez Einride, les camions autonomes sont déjà une réalité. En décembre 2019, Einride a annoncé un programme pilote avec Coca-Cola European Partners, embouteilleur et distributeur attitré de la société de boissons gazeuses en Suède. Les pods d'Einride déplaceront des palettes Coca-Cola entre l'entrepôt de l'embouteilleur, situé en banlieue de Stockholm, et un centre de distribution du distributeur alimentaire Axfood, un trajet de quelques kilomètres. La startup teste également sa solution depuis l’an dernier avec DB Schenker sur un site logistique à Jönköping. En France, l’entreprise devrait travailler cette année avec Michelin pour transporter des pièces dans l’enceinte de ses sites de production de Clermont-Ferrand, avant de viser un déploiement sur la voie publique dans une deuxième phase. « Aujourd'hui, nos camions autonomes sont exploités par des développeurs, en particulier des ingénieurs roboticiens formés à la conduite de camions », a déclaré Robert Falck, fondateur et PDG d'Einride, dans un communiqué.  « La suite logique consiste à s'appuyer sur de véritables chauffeurs routiers formés à la conduite à distance ». Le camion, baptisé T-pod, peut emporter jusqu’à 15 palettes standard avec un poids total de 20 tonnes une fois chargé, pour des trajets d’environ 200 km (batterie de 200 kWh).

Substitut à l’œil humain

En ce qui concerne les véhicules sans chauffeur, la partie software – c’est à dire les différents algorithmes de gestion de la conduite et de l’environnement immédiat du véhicule – s’avère fondamentalement plus importante que la partie hardware (le camion en lui-même). Le constructeur Scania a développé Scania AXL, un véhicule équipé des dernières innovations du constructeur suédois en la matière. La plupart de ces innovations sont situées dans le nouveau module avant intelligent qui remplace la cabine traditionnelle analysées, afin de générer une vision à 360° de l’environnement immédiat du véhicule. Ce qui lui permet de choisir et d’adapter en temps réel son itinéraire.
 
De nombreux obstacles au 100% autonome

CARA et la FNTR ont rendu public en début d’année un rapport sur l’impact du camion autonome sur l’emploi, les compétences et la formation dans le secteur du transport routier de marchandises. Le document avait été remis à Solutrans fin novembre à Anne-Marie Idrac, haute responsable pour la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes. Premier vrai constat : les conducteurs routiers ont encore de beaux jours devant eux, le camion sans conducteur n’est pas pour demain.
Comment est né ce rapport ? La France s’est engagée en 2018 dans une stratégie pour le développement des véhicules autonomes. Cette stratégie est articulée autour de 10 actions qui doivent permettre de créer le cadre adéquat pour la circulation, la validation des systèmes, l’homologation ainsi que la sécurisation des données. Parmi l’ensemble des actions menées, l’une d’elle doit permettre d’analyser l’impact du développement du véhicule autonome sur les besoins en emplois et en compétences. Et pour le véhicule industriel, c’est le cluster CARA (European Cluster for Mobility Solutions) dont fait partie la FNTR qui était en charge de remettre ses conclusions. Ce rapport est donc une synthèse intermédiaire dans les travaux menés qui tend à définir l’impact des évolutions en matière d’emploi, de compétences, de formation et d’évolutions sociales en fonction des différents degrés d’automatisation.
« Notre travail démontre que l’automatisation progressive va permettre à la fois de rendre plus attractif nos métiers mais aussi toujours plus sûrs. Elle permettra également aux entreprises des gains de productivité évidents et le maintien d’un haut niveau de performance sociale, environnementale et économique » explique Jean-Yves Astouin, Président de la FNTR PACA et qui a co-présidé les travaux.
Le groupe de travail n’a retenu qu’un scénario d’automatisation de niveau 4 ou 5, seuls niveaux où le conducteur, en l’occurrence, est dispensé totalement ou partiellement, de phase de conduite et peut alors, par exemple, être affecté à d’autres taches.
Dans le cas du niveau 4, il y aurait de nombreuses adaptations à prévoir du fait du passage du mode délégation complète de conduite à partielle selon les environnements ou les infrastructures. Dans le cas du niveau 5, on changerait de métier, puisque les phases de conduite, qui forment la grande partie du temps de travail du conducteur, disparaissent.
  
Sources :
https://www.actu-transport-logistique.fr/routier/a-camions-autonomes-conducteurs-a-distance-548941.php
https://www.capital.fr/auto/les-transports-publics-semparent-des-vehicules-autonomes-1295037
https://www.ville-rail-transports.com/mobilite/vehicule-autonome-dernier/
https://www.franceroutes.fr/actualites/scania-devoile-laxl-son-nouveau-camion-autonome-sans-cabine/
https://trm24.fr/rapport-camion-autonome-le-camion-sans-conducteur-nest-pas-pour-demain/
https://trm24.fr/wp-content/uploads/2020/01/Rapport_Cara.pdf

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